Marseille : rencontre à Bel Air et audition au McDo de Saint Barthélemy

Created with Sketch.

Marseille : rencontre à Bel Air et audition au McDo de Saint Barthélemy

A notre arrivée à Marseille nous sommes allés au contact des habitant.e.s de Air Bel dans le 11è arrondissement. “Air Bel c’est dans le sud de Marseille, mais c’est un peu un quartier nord”, nous résume Franck qui nous accompagne dans cette visite, en référence aux quartiers populaires de la ville. Les habitant.e.s nous racontent alors leur lutte. À Marseille, l’eau du robinet de la résidence. Air Bel est régulièrement contaminée à la légionelle.

Notre rencontre se termine par une visite des immeubles où les traces d’humidité et d’insalubrité sont nombreuses. Lutte contre les discrimination, droit à l’accès à l’eau, respect des locataires par les bailleurs sociaux sont autant de luttes que nous devrons porter au Parlement Européen, autant de modifications à apporter aux traités de l’Union Européenne. Nous nous rendons au McDo de Saint Barthélémy pour la première audition de la Commission d’Enquête Citoyenne sur McDo, prévue en fin d’après-midi. Il est tôt mais le McDo montre portes closes, un huissier est présent devant l’établissement. Le patron de la franchise déclare illicite la rencontre et affirme qu’elle représente un danger pour les salariés, un risque … qu’ils soient sanctionnés. En somme, il accuse notre événement d’être un prétexte suffisant pour qu’il punisse ses employés. Comble de l’ironie, notre événement pacifique et bon enfant allait amener des clients supplémentaires mais la fermeture prive les habitués de leurs sandwichs préférés. Nous échangeons avec les syndicalistes et avec les salariés. Face à la manoeuvre du patron de l’enseigne et pour éviter toute représaille contre les salariés, nous tenons une conférence de presse improvisée et appelons à déplacer le rassemblement dans un bar un peu plus loin. Les militants locaux entrent en action et permettent d’assurer le maintien de cette première audition de Mc Do.

L’objectif est d’aboutir à un projet de Directive européenne sur McDo pour apporter des solutions aux défis fiscaux, de condition de travail et environnementaux posés par l’enseigne. Cette première audition sera suivie d’autres événements à Paris, à Rouen et dans d’autres villes. Cette campagne permet à la fois de mettre en lumière la réalité du système McDo, des luttes syndicales qui s’y mènent et à la fois de donner à voir le rôle des élu.e.s de la France Insoumise dans les institutions. Mohamed débute l’analyse, « la recherche continue d’alliances et de soutiens est la grande force de la lutte du McDo de St Barthélémy. C’est chercher à être aidé et à aider les autres»


Suit alors l’explication de Kamel Guemari, figure emblématique de la lutte de ce McDo. « On a mené la lutte dans plusieurs McDo. On a réussi à contractualiser le 13e mois, la participation, la mutuelle… Les Big Mac ont le même goût partout, on voulait étendre nos accords partout ! » explique le syndicaliste, « à St Barthélémy on essaye d’accompagner les habitants du quartier, trouver un emploi, retrouver goût à la vie. C’est pour ça qu’on est soutenu de partout.

Egalement candidate aux européennes pour la France Insoumise, Prune Helfter-Noah tranche « McDo c’est l’exemple type du capitalisme voyou. On avait une campagne il y peu sur l’humain d’abord. Là c’est tout l’inverse ». Prune démasque le système McDo pour payer le moins d’impôts et le moins ses salariés.

Une militante insoumise témoigne également, « McDo c’est souvent un premier job pour les jeunes, pour payer le loyer ou les études… ce que vous vivez on est beaucoup à l’avoir vécu ». « Finalement – conclut Leïla – McDo se définit par un système fait pour imposer les droits les plus bas aux salariés. Et dedans, les salariés luttent en faisant l’inverse de McDo : construire de la solidarité et des droits!» La première audition McDo se termine par des discussions autour de pizzas et de quelques jus. Malgré le blocage fait par le patron du McDo de St Barthélémy, la première audition s’est bel et bien tenue, les salariés ont pu témoigner de leur réalité et de leurs luttes.